Les élèves de CPGE soutiennent leurs enseignants.
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Message de soutien aux professeurs de prépa du Lycée Honoré de Balzac à Paris dont le recrutement est loin d'être élitiste mais bien au contraire une véritable chance pour des élèves qui ne croyaient pas possible d'entrer dans cette filière et à qui l'on a donné cette possibilité.
La consternation sur leurs visages est on ne peut plus visible en raison d'une charge de travail non reconnue. Quelque soit nos affects avec leurs différentes personnalités et les disciplines qu'ils enseignent, il va sans dire que leur investissement est considérable autant au plan du travail que du soutien et de la proximité avec les élèves, tous niveaux confondus. Nos rapports sont profondément humains justement parce que la démarche diffère de celle de l'université. Elle implique une dynamique étroite entre les enseignants et les étudiants qui progressent ensemble vers le(s) concours mais aussi toujours vers une plus grande ouverture culturelle, et donc l'épanouissement : ceci n'est pas un mythe !
Il est par conséquent tout aussi blessant pour les étudiants de voir le travail de leurs professeurs mis à mal alors même que nous bénéficions d'une formation riche, vivante, polysémique, plurielle et cela grâce à eux. Viser la marginalité de cet enseignement c'est mettre en danger un système qui fonctionne en ne laissant pas les élèves à côté de leurs capacités mais en les rendant meilleurs grâce à l'apprentissage de méthodes, de la rigueur et du goût de la connaissance. Qu'ils soient bien payés pour nous transmettre cela ne semble pas être une aberration compte tenu de l'engagement que cela implique.
Les professeurs de CPGE sont avant tout passionnés par leur métier, et il serait peut-être non négligeable de remarquer qu'ils sont arrivés à ce niveau pour cette raison. Par ailleurs la CPGE n'est pas nécessairement un point de départ dans la carrière de ces professeurs qui ont pour certains connu les joies des fameuses ZEP avant d'en arriver là : analyse peut-être un peu trop subtile pour qui s'attaque à leur statut.
Je porte donc mon soutien à mes chers professeurs de Balzac qui sont mes plus proches références et ceux qui incarnent mon discours mais également à tous les enseignants de CPGE de toutes les filières.
Une khâgneuse non élitisée
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1er mensonge : « les professeurs les plus touchés ne perdront pas plus de 3 à 5% de revenus ».
Archi-faux.
Les pertes s'échelonnent entre 1 et 17 % de la rémunération totale (voir tableau), malgré l'indemnité de 3 000 euros censée compenser ces pertes. Une majorité de professeurs verront bel et bien leurs revenus amputés de 10 à 15 %.
En sous-estimant à outrance la sanction financière qu'il impose aux profs de prépa, le ministre reconnaît implicitement qu'une telle baisse est inique et donc indéfendable. Sinon, pourquoi mentirait-il ? S'il assumait vraiment le contenu de sa réforme, il devrait au contraire se vanter de « casser les profs de prépa » ! Et si les pertes étaient si modestes, comme il le prétend, où seraient les gains prétendument attendus pour les ZEP ?
2ème mensonge : « les plus jeunes professeurs vont gagner avec cette réforme »
Archi-faux, c'est même le contraire !
Plus un professeur est jeune, plus la part des heures sup' et des colles est forte dans sa rémunération, son salaire de base étant plus faible. C'est donc au contraire les plus jeunes professeurs qui subiront les plus fortes pertes en proportion.
Bravo pour l’égalité et la solidarité entre les générations, monsieur Peillon !
Les candidats aux concours d'enseignement, toujours plus rares, apprécieront...
3ème mensonge : « les professeurs à la fois en lycée et en prépa vont gagner avec cette réforme»
Faux, évidemment.
Voici l'exemple même d'une phrase vague, générale, et finalement creuse.
Gagner quoi ? Plus d'argent ? Notre analyse montre l'inverse (tableau).
De la reconnaissance? Nous nous sentons méprisés comme jamais.
Quant aux professeurs du secondaire (prof. de lycée nous le sommes tous), ils vont perdre leurs décharges horaires au bénéfice de primes aléatoires, alors que leurs missions deviennent aussi floues qu'indéfiniment extensibles.
4ème mensonge : « Certains professeurs font trop d'heures supplémentaires, jusqu'à seize heures par semaine. »
Flagrant délit de mauvaise foi.
En classe prépa, les services des professeurs donc les éventuelles heures supplémentaires et colles qui vont avec, sont imposés par l’administration. Le poste est à prendre ou à laisser, avec toutes les heures qui vont avec.
Or, les heures supplémentaires coûtent beaucoup moins cher à l’administration que des heures-postes : si jamais M. Peillon trouve que certains ont trop d'heures sup, pourquoi ne nomme-t-il pas de nouveaux profs en prépa ?
Il s'agit donc bien de faire des économies en baissant la rémunération de notre travail, et rien d'autre.
5ème mensonge : en 2nde année, il n'y a plus cours après Pâques.
Faux.
Les professeurs préparent sans relâche les étudiants aux oraux durant les mois de mai et juin, certains allant souvent jusqu'à accompagner leurs étudiants aux épreuves, pour les soutenir, et cela parfois jusqu'en juillet !
6ème mensonge : « [il y a] une discussion avec les classes préparatoires pour mettre la transparence, de la justice et de l'équité »
(En novlangue dans le texte, George Orwell)
M. Peillon n'a discuté de rien avec nous, il nous place devant le fait accompli et précipite la réforme, sans négocier. Discuter, c'est imposer ?
Le ministre ment. Mentir, c'est dire la vérité ?
Il baisse brutalement les revenus d'une catégorie de fonctionnaires dont les résultats et l'engagement sont partout reconnus. L'injustice c'est la justice ?
Sa réforme crée de nouvelles inégalités entre les professeurs, bien plus fortes qu'auparavant. L'inégalité, c'est l'égalité ?
7ème mensonge : il n'a jamais voulu opposer les CPGE aux ZEP, il « reconnaît nos qualités et les conforte »
Faux.
C'est exactement ainsi que le laminage des CPGE a été présenté par le ministre : dégager des moyens au profit des ZEP. Or, Vincent Peillon ne s'est jamais caché, avant d'entrer au ministère, qu'il méprisait les classes prépa et leur élitisme supposé. Loin de nous conforter, il nous blesse et nous démotive.
Toute sa réforme n'est qu'une inqualifiable agression contre les classes préparatoires, pourtant plébiscitées par le public et considérées comme un précieux ascenseur social.
Après les profs de CPGE : à qui le tour ?
Diminuer les salaires des fonctionnaires, casser l'ascenseur social, décourager l'excellence... Est-ce donc cela votre programme, monsieur Peillon ?
Mr PEILLON, en 2010, est alors député européen et y annonce sa volonté de, purement et simplement, supprimer les CPGE. (remarque: tout en critiquant le salaire des prof de prépa, il s'est parfaitement accommodé des 10 165 euros mensuels de son indemnité de parlementaire hors primes !).
Cette suppression se ferait pour intégrer ces filières d'excellence en faculté sous couvert d'une ouverture de celles ci aux plus défavorisés. HERESIE!!
* La faculté n'assurera jamais le suivi prodigué par les CPEG (colles, DS...). J'y ai effectué mon troisième cycle universitaire, je sais de quoi il en retourne.
* à ce jour 30% des élèves sont boursiers en CPEG. C'est la seule formation permettant l'ascenceur social dans ce système éducatif de plus en plus clivé. Les enfants de parents dits "nantis" (qui payent l'Impôt sur le Revenu, sur les Sociétés...assurant aussi le financement de notre système éducatif) mettront leur enfants dans des établissements privés pour préparer les concours. Que pensez vous qu'il se passera pour les élèves boursiers qui seraient alors passés par la Fac pour se présenter aux concours?
Mauvais calcul politique ou dogmatisme idéologique contre les élites de ce pays? Je penche pour la seconde proposition pour ma part, si on suit le cheminement de cette réforme: présenter cette décision pour des raisons budgétaires en cachant son aversion pour cette formation des élites!
Tous avec les prof de prépa le 9 décembre!!
Faire tourner la pétition
Re:
Cher visiteur,
Gardons-nous des déclarations générales. Il y a d'excellents professeurs à l'université (j'en ai connu beaucoup), et de brillants chercheurs. Le système et les objectifs sont différent, voilà tout. Si un professeur de CPGE s'investit énormément pour ses élèves, c'est parce qu'il a choisi de laisser de côté tout travail de recherche personnelle ou autre pour se consacrer entièrement et exclusivement à la réussite de ses élèves.
Très cordialement.
Re:
Merci!
Un ancien professeur du lycée Malherbe en CPGE (j'y étais il y a six ans). Cela fait chaud au coeur.
CB
Re: Re:
d'où l'on peut quand même déduire, de façon un peu cynique, que l'abnégation ne paie pas - hélas !!!!!
un prof de langue en prépa, agrégé, normalien, 25 ans de carrière, 3300€/mois ... sauf l'été (3100!)
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